Al-Anon face à l’alcoolisme

La revue Al‑Anon face à l’alcoolisme a été conçue pour faire connaître les Groupes Familiaux Al‑Anon aux familles et aux amis qui sont troublés par la consommation d’alcool d’une autre personne, et pour les familiariser avec la notion que l’alcoolisme et la consommation problématique d’alcool sont une maladie qui affecte tous les membres de la famille.

Emily Leadholm, LSW
Cambridge, Massachusetts

Allyson est venue me voir pour traiter son anxiété et sa dépression. Elle venait tout juste d’obtenir son diplôme de collège, elle avait un bon emploi de responsable de bureau, et elle était activement impliquée avec un groupe de personnes qui œuvrait en faveur de la justice sociale. Elle était célibataire, proche de sa famille, et de nombreux amis et collègues l’adoraient et avaient un grand respect à son égard.

En dépit de ses succès, elle avait le sentiment que sa vie était un échec et elle disait ressentir un gros vide. Quand je l’ai questionnée au sujet de sa famille, j’ai découvert que son père était un alcoolique en réhabilitation. Il avait bu jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge de huit ans. Elle se rappelait toutes les fois où elle était restée le souffle court quand il rentrait du travail, se préparant pour ses accès de rage et ses critiques.  Les souvenirs les plus douloureux étaient peut-être les souvenirs de peur et de tristesse quand elle se retrouvait seule dans sa chambre. L’interaction d’Allyson avec son père lui avait causé un sentiment de honte et de ne pas être à la hauteur. C’était le premier problème. Le second était qu’étant issue d’une famille affectée par l’alcoolisme, elle ne pouvait se confier à personne; elle n’avait aucune source de réconfort ou de soulagement, personne qui pouvait l’aider à gérer sa tristesse et son désarroi. Elle se retrouvait seule face à ces sentiments intolérables.

J’ai suggéré Al‑Anon à Allyson, sachant qu’elle entendrait d’autres personnes parler de la démarche qui leur avait permis de prendre conscience de leurs sentiments, de l’acceptation, de la compassion pour la souffrance, de la honte que certaines personnes ressentent, et d’une nouvelle façon de gérer tous ces sentiments. 

Allyson continue d’assister aux réunions Al‑Anon chaque semaine, ce qui l’a aidée à comprendre les multiples façons que la consommation d’alcool de son père l’a affecté elle et sa famille entière. Cela lui a permis de développer et maintenir une meilleure relation avec son père. Lorsqu’elle se rappelle les mauvais souvenirs liés à la consommation d’alcool de son père, elle en parle encore avec tristesse, souvent des larmes, mais moins de honte. Elle voit l’espoir incroyable et la luminosité dans la vie des membres Al‑Anon. Et, progressivement, elle commence à voir la même chose dans sa vie.

L’alcoolisme : être confronté à l’éléphant dans le salon

Al-Anon face à l’alcoolisme 2013 a eu un entretien avec Alexa Smith, une conseillère spécialisée en dépendance chimique à Ontario, Canada

Barbara Leach, Directrice des Services de ressources humaines
Virginia Beach, VA

En tant que professionnelle en ressources humaines, le traitement des questions sur les prestations, les retenues sur la paie, ou les congés sont l’aspect le plus simple de mon travail. Les situations les plus difficiles se présentent lorsque l’assiduité de l’employé ou son rendement au travail deviennent problématiques. Dans la plupart des cas, les préoccupations personnelles ont pénétré dans le lieu de travail, ce qui affecte la concentration et la productivité de l’employé.

Si le problème à la maison est lié à l’alcool, je sors de l’information sur Al‑Anon de mon dossier de ressources. J’explique à l’employé qu’Al‑Anon offre de l’aide et de l’espoir aux amis et aux membres de la famille qui sont affectés par la consommation d’alcool d’une autre personne. Je garde toujours de la documentation Al‑Anon, de même que le numéro de la ligne d’appels sans frais à portée de main. J’encourage l’employé à essayer au moins une réunion.

J’ai eu une expérience plaisante avec une employée qui, ayant décidé de suivre mon conseil d’assister à au moins une réunion Al‑Anon, est revenue me voir quelques mois plus tard pour me remercier de l’avoir encouragée à assister à cette réunion. Cette réunion s’est transformée en plusieurs, ce qui lui a permis de découvrir la sérénité dans sa vie. Son superviseur était par ailleurs particulièrement heureux de voir son employée retourner sur le droit chemin.

Valerie Montgomery, Conseillère et travailleuse sociale, BSW, MA, NCC, LPC
Colorado Springs, Colorado

Dans mon travail, il m’arrive souvent de suggérer Al‑Anon comme une ressource éventuelle pour un client ou un membre de sa famille parce que je ne peux pas être leur amie. Avec le soutien offert par Al‑Anon, mes clients peuvent trouver l’encouragement quotidien de personnes qui traversent des situations similaires.

Les outils et les ressources qu’Al‑Anon offre peuvent améliorer la prise de conscience que mes clients ont d’eux-mêmes et combler les besoins auxquels je ne peux répondre. Lorsqu’un client se rend à Al‑Anon, c’est une situation gagnante de part et d’autre. L’expansion du réseau de soutien est importante pour la plupart de mes clients, et Al‑Anon fonctionne de pair avec l’assistance psychosociale offerte par un professionnel.

Déterminer qui pourrait bénéficier d’Al‑Anon est un processus relativement simple. Quand je découvre des situations liées à la consommation d’alcool d’un ami ou d’un membre de la famille, je prends le temps de communiquer avec mon client pour discuter des ressources qui sont mises à sa disposition. L’expansion des ressources fait partie de mon plan de traitement pour mes clients. Leur rappeler qu’ils doivent également prendre soin d’eux-mêmes fait aussi partie de mon travail. Al‑Anon a vraiment sa place dans cette démarche et cette discussion.

Je recommande également Al‑Anon aux collègues qui me consultent au sujet d’un de leurs clients. Je pense que tous les professionnels travaillant dans le domaine de la toxicomanie, de la santé mentale ou de la santé comportementale pourraient bénéficier d’Al‑Anon dans leur réseau de références.

Al‑Anon est un programme solide, dynamique et éducatif. Les slogans sont accrocheurs et faciles à retenir. Une partie des formules que j’utilise avec mes clients provient de la documentation Al‑Anon. Le slogan « L’essentiel d’abord » m’aide à ramener les clients à l’instant présent et à aisément organiser leurs pensées. « Se hâter lentement » fait allusion à la grâce qui est nécessaire pour apprendre et grandir dans le bien-être émotionnel. « Un jour à la fois » freine les réactions impulsives et catastrophiques que certains clients devraient supprimer de leur mode de pensée. Ces expressions sont des outils de taille.

Par-dessus tout, la notion de non-jugement adaptée dans Al‑Anon, tout comme le fait de laisser à chaque personne la responsabilité de son propre cheminement nous facilite la tâche pour effectuer une psychothérapie en profondeur. Grâce au soutien qu’ils trouvent dans le programme Al‑Anon, mes clients prennent le temps dont ils ont besoin pour travailler sur les choses qu’ils doivent changer. Al‑Anon peut stimuler et aider ces personnes à maximiser leur expérience d’assistance psychosociale.

Beverly A. Buncher, Assistante médicale, Conseillère professionnelle certifiée,
Thérapeute conjugale et familiale certifiée
Consultante pour le rétablissement de la famille
Pompano Beach, Floride

En tant que consultante pour le rétablissement de la famille, lorsque j’entends les clients expliquer à quel point la consommation d’alcool d’une autre personne les dérange, c’est un signal d’alarme.

Selon moi, les résultats du diagnostic du buveur n’ont aucune importance. Si la consommation d’alcool dérange mon client,
je commence progressivement à lui poser des questions. Cela m’aide à mieux déterminer dans quelle mesure cela pose un problème à
mon client. Al‑Anon fait souvent partie de la liste de suggestions que je fais à mes clients.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je veux que mes clients aillent à Al‑Anon si je suis spécialisée dans l’aide aux membres de la famille d’alcooliques. La réponse est toute simple : Al‑Anon est efficace.

Les personnes qui assistent aux réunions Al‑Anon depuis longtemps ont découvert le secret d’une vie saine qu’elles apprécient, que leur parent alcoolique choisisse la sobriété ou non.

Les clients que j’ai dirigés vers des réunions progressent plus rapidement vers les objectifs qu’ils se sont fixés au tout début de la consultation.
En dépit des décisions de l’alcoolique, ils deviennent capables de mieux faire face à d’autres aspects de leur vie et, au fil du temps, de ressentir la joie de vivre.

Je travaille en étroite collaboration avec le programme Al‑Anon et ses Douze Étapes parce qu’Al‑Anon contribue à un regain de santé intérieure en commençant par l’aspect extérieur. Al‑Anon est un programme centré sur les relations, à commencer par la création d’une relation saine avec soi-même. Et plus que toute autre chose, ceux qui ont un lien de parenté avec une personne alcoolique ont besoin de soutien pour rétablir une relation saine avec eux-mêmes, parce que c’est là où commence le rétablissement de la famille.

Dr David C. McMillian, LPC, LMFT
Consultation, Thérapie conjugale et familiale
Shreveport, Louisiane

Les personnes qui assistent aux réunions Al‑Anon rapportent avoir remarqué une amélioration radicale de leur bien-être, de leur routine quotidienne et de leur santé générale. Elles peuvent trouver un certain degré de compréhension et d’acceptation qui n’existe nulle part ailleurs.