Le bulletin Le lien

Quand je suis arrivée à Al‑Anon, j’étais une femme en colère, j’éprouvais du ressentiment, et j’étais réservée. J’avais écarté mes parents, mes frères et mes soeurs de ma vie parce que je ne voulais pas qu’ils sachent ce qui se passait. J’ai toujours pensé que la consommation d’alcool cesserait et que personne n’aurait à savoir ce qui se passait chez nous. Bien sûr, je ne trompais personne. Enfin, ma soeur, qui fréquentait déjà Al‑Anon depuis plusieurs années, m’a demandé si la consommation d’alcool de mon conjoint me dérangeait. J’ai répondu par l’affirmative. « Alors Al‑Anon est pour toi! » m’a-t-elle dit… Je suis allée à ma première réunion.

« La qualité de ma vie dépendait entièrement de la qualité de la sienne. »

Ayant grandi dans un foyer affecté par l’alcoolisme, j’ai appris à résoudre les problèmes à un très jeune âge. Quand j’avais douze ans, l’alcoolique dans notre famille est décédé et, comme j’étais l’aîné, je suis devenu « l’homme de la famille ». Le fardeau que représentait cette responsabilité a été le catalyseur de mon désir de constamment dépasser mes objectifs, chose qui m’a bien servi lorsque j’étais jeune, mais est devenu un problème quand je suis devenu père d’une adolescente alcoolique.  

Un de mes amis dit qu’il devrait y avoir un hologramme sur le visage de tous les membres Al Anon chaque fois qu’un nouveau vient à une réunion. L’hologramme serait l’image de chaque membre tel qu’il ou elle était à sa première réunion. Le mien montrerait l’image d’une personne négligée et totalement paniquée, probablement avec les bras croisés pour garder ses distances avec les autres. Je pense que l’hologramme pourrait réconforter les nouveaux venus et leur faire savoir que nous avons tous été dans la même situation.

Enfant, j’avais toujours le sentiment d’être incapable de faire quoi que ce soit correctement. Mon père était impatient et aimait critiquer. Je m’étais dit : « Quand je serai grande, je saurai quoi faire! » Les compétences parentales de mon père consistaient à critiquer tout ce que je faisais incorrectement, mais à ignorer les choses que je faisais correctement. Je crois qu’il pensait vraiment qu’il m’aidait à devenir meilleure. Bien sûr, je ne faisais rien comme il le voulait, mais cela ne m’a pas empêché d’essayer. Rechercher l’approbation de mon père demandait trop d’effort pour moi. Cette détermination s’est manifestée dans mon rôle de conjointe, de mère et d’employée.